Article : « En photo, les Poilus normands font le tour du monde »

Article paru dans Ouest-France, en page Normandie, ce mercredi 11 novembre 2015 :

2015-11-11-Article Ouest-France Normandie-Serge Philippe Lecourt-Monuments aux morts

« En photo, les Poilus normands font le tour du monde

Il y a 2 500 monument aux morts en Normandie. Le Virois Serge Philippe Lecourt qui les visite depuis plus de 25 ans en a déjà photographié mille. Des demandes de reproduction lui arrivent du monde entier.

« C’était le 6 juin 2014, le matin de bonne heure, à Avranches. » En ce jour de 70e anniversaire du Débarquement, Serge Philippe Lecourt a rendez-vous avec l’actu et l’Histoire. Profitant toujours de ses déplacements pour aller voir les monuments aux morts, le photographe virois fait le détour. « Et là, j’ai trouvé une tourterelle en train de couver dans son nid entre les bras et le fusil du soldat… En raison des circonstances, c’est vraiment mon monument préféré. »

Voilà bien longtemps qu’il fait régulièrement des haltes devant ces sculptures et ces statues un peu désuètes qu’on croise tous les jours mais qu’on ne voit plus. « Il y a environ 2 500 monuments aux morts en Normandie. Certaines communes en ont plusieurs, d’autres n’en ont pas. » En argentique puis en numérique, Serge Philippe Lecourt en a déjà mille dans la boîte. « Ils sont tous bien entretenus, jamais vandalisés. » Pour la mémoire des glorieux ancêtres, les conseils municipaux ne lésinent jamais sur la brosse ni le coup de pinceau.

Artistique avant d’être historique, la quête de ce Normand de 50 ans agite la toile depuis trois mois. « Après avoir mis ces photos couleurs et noir et blanc sur mon cite Internet, je leur ai ouvert un site spécial. » Rien qu’en octobre, les monuments aux morts normands ont attiré plus de 10 000 visiteurs. Des historiens, des généalogistes, des descendants d’anciens combattants.

« En plus de la France, j’ai des contacts dans 20 pays, essentiellement ceux qui ont participé à la Première Guerre mondiale : Allemagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Canada, Australie… »

Si les élus locaux s’intéressent au travail de Serge Philippe Lecourt lorsqu’ils le voient flâner dans leurs bourgs, d’autres demandent lui viennent de plus loin, de beaucoup plus loin. « On m’a écrit de Dallas (Texas) pour avoir une photo du monument de Saint-Lô ; de Boston pour celui de Sept-Frères, près de Vire, de Paris pour Pleines-Oeuvres, toujours dans le bocage. »

Ancrées dans le présent

La plupart des monuments aux morts ont été construits entre 1919 et 1925. Mais en Normandie, ils sont nombreux à avoir pâti des combats de la Seconde Guerre mondiale. C’est le cas à Trévières dans le Bessin. « La statue de femme casquée a été défigurée par un tir d’obus. »

Repérée sur Internet, la photo a attiré l’attention aux Etats-Unis. « Peut-être des descendants des GI’s qui ont combattu dans le secteur« , poursuit le photographe féru d’Histoire, qui essaie de documenter le plus possible chacune de ses photos. « Car derrière chaque monument, il y a une histoire locale, un architecte, un sculpteur qui est parfois du coin. »

Serge Philippe Lecourt aime à dire que « le passé n’existe que là où il y a du présent. » C’est pourquoi à chacune de ses sorties, il essaie d’inscrire le monument dans son environnement actuel « avec son marché, des jeux d’enfants, des scènes décalées… »

Un an après une exposition avec Raymond Depardon aux Rencontres photographiques d’Arles, Serge Philippe Lecourt envisage de montrer son travail en Normandie. « Ca se fera d’ici 2018, avec une exposition itinérante et un livre. » Quarante ans après ses premières photos de monuments, lorsqu’il accompagnait son père sur des chantiers dans l’Est de la France. »

Sébastien Bréteau

Sites internet : http://monumentsauxmortsphoto.com

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