Louis Stettner (1922-2016)

© Serge Philippe Lecourt, Louis Stettner, Paris Photo, 2013.

Louis Stettner s’en est allé à l’âge de 94 ans…

Photographe humaniste, peut-être plus encore humaniste photographe, ses œuvres, accomplies sur plus de 70 ans ont largement dépassées la notoriété de son créateur. Retour sur un parcours exceptionnel…

Né en 1922 à Brooklyn (New York), il grandit dans le quartier de Flatbush. Son père lui offre un Kodak Brownie avec lequel il réalise ses premières images. Adolescent, il arpente les galeries du Metropolitan Museum of Art où il découvre les travaux de Hine, Stieglitz et Weegee. En 1940, il reçoit les encouragements de Paul Strand, une autre légende de la photographie américaine. Son choix est décidé : il sera photographe !

En 1942, il photographie la guerre dans le Pacifique. Engagé socialement il rejoint la très à gauche Photo League qui le charge d’organiser la première exposition collective de photographes français à New York. Vient le temps de l’Europe, il débarque à Paris en 1946 et rencontre ainsi Doisneau, Boubat, Ronis, et Brassaï avec qui il nouera une longue amitié. Pensant rester quelques semaines seulement à Paris, il y restera en fait cinq ans et d’incessants allers-retours vont s’enchaîner avec sa ville natale jusqu’à ce qu’il élise définitivement domicile dans la capitale française.

A partir des années 50, il entame une longue carrière de photoreporter et travaille pour Life, Paris Match, Fortune, National Geographic… Dès lors il photographiera toute sa vie, partout dans le monde mais surtout Paris et New York.

Comme je le mentionnai au début de cet article, nous connaissons tous ses images devenues de véritables icônes de la seconde moitié du XXe siècle : l’homme prenant le soleil sur un banc de Brooklyn Heights (endroit magique que je recommande vivement et je me souviens avec émotion que la première fois que j’ai acheté une carte postale, c’était précisément cette photographie) avec au lointain la fameuse skyline de Manhattan, c’est lui. Les lecteurs de journaux dans les wagons archi-bondés de Penn Station, c’est lui. Le vieil homme solitaire et enneigé comptant ses pièces ou les œufs durs sur sur un coin de zinc d’un bistrot parisien, c’est encore lui !

Grand observateur de la vie parisienne et new yorkaise pendant 70 ans, Louis Stettner a traversé le siècle et s’en est allé en nous laissant une oeuvre gigantesque empreinte d’un grand humanisme rendant hommage à la vie quotidienne de ses semblables.

Pour en savoir plus : 

Plusieurs livres de photographie de Louis Stettner : 

  • Early Joys : photographs 1947 – 1972, introduction by Brassaï
  • Sur le tas,  présentation de Cavanna (éd. Cercle d’art)
  • Louis Stettner, photopoche n°76
  • Louis Stettner ici ailleurs, sous la direction de Clément Chéroux (édition Xavier Barral)

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Texte et photos : Serge Philippe Lecourt

 

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